Un coup de dés

Un coup de dés

Personne n’Échappe à l’art

Mais comment conjuguer une aspiration ésotérique avec le devoir du missionnaire ?

Centre d’art et résidence d'artistes au cœur d'un territoire rural, la Maison des Arts Georges Pompidou place la relation du public à l'art et aux artistes au cœur de ses enjeux. Elle demande à deux artistes d'en débattre, renversant le dispositif habituel du spectacle de l’art. David Evrard et Guillaume Pinard devisent à bâtons rompus et évoquent successivement leur relation au spectateur en tant qu’artistes et leur relation à l’art en tant que spectateurs. Ce déplacement de perspective invite à une pensée inventive et à une expérimentation pour tous les amateurs et "braconneurs".

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24 octobre 2012 09:29:02

Cher Guillaume,
(…) Je me rends compte de deux choses, la première, que j’aime assez être flatté, que les gens disent qu’ils aiment ce que je fais, je trouve ça super, en général. Et en parallèle, j’aime me dire que j’avance dans un truc si nébuleux que je ne saurais, là-dedans, faire quelque concession que ce soit. Ni l’un, ni l’autre ne sont vrais. (…)
Une de mes plus fameuses expériences d’un « public large » était à Fiac, ce village qui fait de son exposition annuelle sa fête, le vernissage est un bal aux lampions, on expose chez les habitants. En quatre jours, plus de trois milles personnes sont passées. Tout le monde passait : les chasseurs, puis les curés, puis les fermiers, puis les vieux, puis les pros, puis les jeunes, etc… et personne ne rechignait à l’idée de se poser devant cet espèce de western faussement paranoïaque que j’avais fait avec les gens de la ferme où j’étais accueilli. A la même époque, un sociologue me disait que « les gens » comme catégorie sociale était une invention politique extrêmement récente. Un truc populiste qui remonterait à l’entre-deux guerres. Un genre de marketing pour supplanter la notion de « peuple », trop à gauche. Je me demande même si ce n’est pas sous Pétain. Et « le public » en est une suite.
(…) Personne n’échappe à l’art. Une pub, un bout de bois taillé, un graffiti, une ruine, un tatouage… En général, lorsqu’une institution, un centre d’art ou quelque entreprise de divertissement parle de public, il s’agit juste d’une somme.
La définition du mot « public » est vouée à des exégèses sans fin. Une chose, peut-être assez intrigante, est la notion de « populaire ». C’est quoi un art « populaire » ? Qui donc, selon la définition pourrait être soit « du peuple », soit « ayant un large public » ?

 

25 octobre 2012 00:09:28

Bonsoir David,
Comme artiste, je ne sais jamais quoi faire des compliments. Ça me donne toujours l’impression d’être un garagiste qui a correctement changé les plaquettes d’une Picasso. Ça me fout mal à l’aise. (…) Dans mon travail je n’attends rien du public comme masse, comme peuple ou groupe. J’ai l’impression de pisser continuellement dans un violon avec l’espoir que l’instrument finira par sonner et réveiller quelqu’un qui se sentira concerné par la mélodie au point de faire savoir que je fais peut-être de la musique. « Un art sans destinataire », c’était ça : travailler pour un rapport privé et quasi exclusif avec une personne inconnue, non profilée, qui se déclarera (ou pas) concernée par l’aventure et inventera une histoire pour faire savoir que je fais quelque chose plutôt que rien.
Une galerie peut accepter cette ambition si ses collectionneurs ont l’oreille musicale, supporter la dissonance sous les applaudissements. Elle peut aussi virer l’instrumentiste si la cacophonie repousse les deniers.
Pour les centres d’art (français), notre coeur de cible, le problème est différent. Ils ne peuvent pas se permettre de faire la gueule aux 90 % des quidams qui tuent leurs temps libre dans leurs espaces. Il faut qu’ils déroulent le tapis rouge à monsieur tout le monde, même si monsieur tout le monde veut juste utiliser les toilettes. De plus, les subventions semblent soumises à la masse de têtes blondes qui échoue dans leurs couloirs. Du coup, l’ambiance est tendue entre le désir de spéculer sur l’avenir et la nécessité d’éviter l’accident domestique. Conjuguer une aspiration ésotérique avec le devoir du missionnaire ? Cruel projet exégétique. Obtenir un article dans Le Monde et satisfaire l’électeur moyen ? L’équation semble impossible et le malentendu total. (…)
D’un autre côté, ça m’intéresse de considérer le « public » dans mon activité. Presque comme un prof. Je suis prof de dessin aux Beaux-arts de Rennes. Un boulot que j’aime bien. (…) En 2010, j’ai fait une expo à la Mam galerie à Rouen. Le projet consistait à venir les mains vides et à faire des copies de la cathédrale de Monet (celle de Rouen en l’occurrence) durant les cinq jours de montage. Partir de loin. De très loin. Capituler sur la forme et le contenu, mais espérer que le mouvement produise un appel d’air. Dessins d’art j’avais dit, pour en rajouter une couche et laisser peu d’espoir sur l’innovation de l’entreprise. Je devais travailler avec des étudiants des Beaux-arts, mais quand je leur ai expliqué le projet, ils sont partis en courant. Une pincée a quand même eu la curiosité de rester pour voir ce qui pouvait se passer. (…) On a commencé à reproduire le tableau et accrocher les copies dans la galerie au fur et à mesure qu’on les finissait. On devait faire du cinq copies à l’heure et les passants se demandaient si une nouvelle boutique de souvenirs ne venait pas d’ouvrir ses portes dans le quartier. Le nombre grandissant des visages qui se collaient à la vitrine m’a donné l’idée de proposer aux passants d’entrer pour venir faire une copie avec nous. En deux jours, ça a fait boule de neige. Tout le monde voulait faire son dessin. On avait la queue et on mangeait sur place pour accueillir les apprentis copistes durant la pause déjeuner. (…) Une centaine de personnes a contribué sans jamais avoir été invitée. Les débats étaient électrisants, on ne parlait que d’art. Le jour du vernissage, l’espace était saturé de copies, une sorte de cabinet d’amateurs brut de décoffrage. L’expérience était derrière nous mais elle avait ressemblé à quelque chose d’intense. Est-ce que c’était artistique ? Aucune idée, mais ça m’a donné du grain à moudre sur la manière de convier et considérer des visiteurs.
Je suis d’accord avec toi. L’art circule partout. Mais le mot « Art » est une concession qu’on s’arrache à prix d’or et on entre souvent dans sa définition avec des patins.
Quant à « Populaire », son usage me file des angoisses. Pour moi, déclarer qu’un art est populaire signifie toujours qu’on vient de trouver le moyen de voler l’histoire à des populations qu’on ignore et qu’on méprise pour la soumettre sous une forme amendée à l’évaluation du marché. Je cherche un contre-exemple mais je n’en trouve pas.

 

29 octobre 2012 17:50:04

Bonjour Guillaume,
Je comprends de plus en plus dans cet échange qu’il est vraiment mal aisé de trouver « un sens » au mot public en partant du point de vue de sa propre production. Je me suis dit, réfléchissons à cela comme spectateur. J’ai souvent beaucoup apprécié, voire été impressionné, par les expositions très massives en termes de public. Il y a quelques années on devait faire la file au SMAK à Gand pour l’expo de Paul Mac Carthy et elle était terrible. Il y avait aussi une expo très belle à Pompidou qui s’appelait, je crois, « Au-delà du spectacle ». Récemment, des sorteurs à l’entrée du vernissage de Jeff Koons chez Almine Rech. J’ai fait la file pour tous ces trucs. Et honnêtement ça donne une assez belle sensation, très comparable à celle que j’ai aussi, parfois, lorsque je me sens extrêmement privilégié d’assister à quelque chose de rare, des trucs où on est très peu, voire seul. (…)
Le « plaire » est généralement source de mauvaises pistes. Le « plaire » au sens générique va du bon coup à l’autocensure. C’est un truc qui se généralise. Je trouve la situation excellente aujourd’hui parce qu’elle nous permet d’échapper à ce « forcément plaisant » moyen, ouaté et souvent pompeux. D’un côté, le super luxe avec ses magasins dont, en art, Gagosian est le héraut ; de l’autre, divers événements sociaux, économiques, écologiques ou historiques qui peuvent être fondateurs. Si les institutions relayent parfois ces derniers, avec force cartels didactiques et moralisants, elles sont bien frileuses à en réfléchir les enjeux esthétiques. Ils servent d’illustration comme si l’art était une info. (…)
Un contre-exemple à la définition, pas fausse mais un peu partiale que tu donnes au mot populaire ? Britney Spears ! Ou James Ellroy, Paul Thek, Jeff Geys, Jaques Lizene, Martial Raysse, Die Aantwoord, NWA… Ce genre de populaire…

 

30 octobre 2012 13:24:08

Bonjour David,
(…) Je crois comprendre ce que tu veux dire par populaire quand tu évoques ces artistes. J’entends aussi dans cette liste, une sorte d’autoportrait chinois, l’évocation d’expériences subjectives et sensibles qui me révèlent que je n’ai pas cette assurance. Je suis toujours comme Augustine sur la scène de la Salpêtrière, prêt à me contorsionner au moindre battement de paupière du docteur Charcot. Hystérique, c’est ça. La cellule capitonnée est indispensable à ma survie, mais pour rien au monde je ne manquerais le bal des folles. J’arrive rarement à me concentrer sur les objets eux-mêmes. Un halo de signes interprétables clignotent autour d’eux à une vitesse stroboscopique, si bien que l’autonomie de l’œuvre, ou pour le moins celle à laquelle je devrais répondre, me fait le même effet que la ceinture dans laquelle le héros du western demande à son ami de mordre avant de lui amputer une jambe à l’opinel. L’effet d’un médium. Mon préféré pour sonner à la porte du voisin et lui dire que nos biorythmes se superposent, le meilleur que je connaisse pour voyager dans le temps et embrasser des macchabées, idéal également pour déprogrammer mes certitudes et imaginer l’avenir, valable aussi comme baume pour soigner mes bobos. Un médium malgré tout, une trousse complète qui comprend des placebos, des traitements lourds et des expérimentations cliniques inédites dont j’accepte par moment d’être le cobaye. (…)

Tiens écoute ça. Ma fille qui a huit ans collectionne les Pokémons. Comment je dois aborder le sujet ? Plusieurs hypothèses :
1. Les Pokémons sont le symptôme d’une société consumériste qui stimule et maintient la satisfaction pulsionnelle des enfants, plutôt que de développer ce fastidieux rapport à la culture et à la connaissance.
1a. Je suis un mauvais père car j’entretiens ma fille dans cette insatiable compulsion et la prépare à devenir une consommatrice aveugle et insatisfaite, dépourvue des moyens de considérer l’économie politique de cette production.
1b. L’école de ma fille a capitulé sur ce terrain en laissant libre cours à cet opium, en autorisant un trafic débridé dans sa cour.
2. La franchise Pokémon est la création de Satoshi Tajiri. Satoshi Tajiri est né à Machida, une ville de la banlieue de Tokyo. Son père était un vendeur automobile Nissan et sa mère s’occupait de lui à la maison. Étant petit garçon, il adorait explorer le monde extérieur et était surtout passionné par les insectes. Il les chassait partout, au bord des mares, dans les champs ou en forêt. Il en cherchait tout le temps des nouveaux et imaginait même de nouvelles techniques pour attirer les scarabées. Il était tellement intéressé par la collecte et l’étude des insectes qu’il hérita du surnom « Dr. Bug » (Dr. Insecte) par ses pairs. Le jeune Satoshi n’aimait pas l’école. Son père voulait qu’il devienne électricien mais lui-même ne le souhaitait pas. Plus tard, dans les années 1970, les champs et les mares que Satoshi avait tant aimés furent transformés en appartements et en parkings. C’est à cette époque que germa l’idée des Pokémon. Satoshi Tajiri voulait offrir à la nouvelle génération d’enfants la possibilité de chasser des créatures, comme il l’avait fait dans son enfance. Il passa ainsi des insectes aux salles d’arcade. L’entreprise, dont Satoshi Tajiri est le président actuel, emploie près de 66 personnes (2011). Son siège se situe au 22e étage de la Tour Carotte à Setahaya, Tokyo au Japon.
3. Les Pokémons sont un prétexte à l’échange, aux relations sociales, aux luttes d’influences et de classes qui permettent à ma fille d’expérimenter sa place dans l’échiquier social.
4. Ma fille n’est pas victime de cette collection et personne n’est dupe. D’ailleurs, elle entretient avec celle-ci un rapport extrêmement singulier, collectionnant les cartes sous des critères subjectifs qui ne se superposent pas à la structure du jeu. Elle s’approprie et bricole un objet générique pour le faire sien. Elle braconne, comme dirait Michel de Certeau. (…)

 

4 novembre 2012 21:08:05

Cher Guillaume,
Mon fils a dix ans et se détache complètement de sa collection de cartes Pokémon, que je trouve, sans être un grand connaisseur, plutôt remplie. Voire étudiée. (…) Mais oui, tu as raison, ça c’est un sujet !
1. Les Pokémons sont le symptôme d’une société consumériste qui stimule et maintient la satisfaction pulsionnelle des enfants, et peut peut-être être considéré comme un rapport spécifique à la culture et à la connaissance. Une connaissance hyper-subjective motivée par sa fiction, presque une religion, dont l’exégèse se fait dans un rapport au style et à la force ou la puissance. (…)
2. L’histoire de Satoshi Tajiri me semble pouvoir glisser vers une forme psychanalytique qui me rappelle celle de Citizen Kane. Je la trouve assez belle.
3. (…) Je me rappelle avoir été extrêmement séduit et interloqué par un parent d’école qui me disait qu’il interdisait à son gamin les Pokémons parce que ce n’était que des combats d’animaux hyper-violents. Combats de chiens, combats de coqs et sur lesquels on parie. De la pure domination. A cette époque, j’épuisais tout ce que je pouvais de Harry Crews. C’était ça le côté cool de la violence : celle qui produit une autonomie des sous-cultures. Comme c’était le cas de NWA à l’époque. J’aime bien le cool. Déjà, j’aime bien le mot. Puis j’aime son histoire, des mecs camés jusqu’à la moelle qui faisaient hurler leurs instruments en gardant l’air « de ne pas y toucher ». Un truc qui a fait l’éponge entre le bebop et le free et est devenu une attitude. Un état d’esprit.
4. (…) Qui est dupe de sa collection ? Ca remplit la peur du vide, ça crée des liens, voire un statut, voire du pouvoir et ce pouvoir, comme tout pouvoir, peut être utilisé de manière bienveillante, pensée, conséquente, vis-à-vis de soi comme vis-à-vis de son environnement… ou pas.
5. Les Pokémons sont, au-delà d’un ensemble de personnages qui se déploie sous diverses formes commercialisées, une structure. Un truc utile, une manière de faire. (…) Les Pokémons, plus que les bagues Cartier ou les pompes Sergio Rossi, sont un possible pas tout à fait normé.
Oui, la question du spectateur nous conduit à la question de la connaissance. Et de l’expérience. Et vice versa. Il y a un nœud. Ce que j’imagine bien, là, en ce moment, c’est que je préfère une pratique de la liberté que la liberté comme sujet. Et il en va de même pour l’écologie, comme pour le cul. Le nœud est là : quelle autonomie, quelle liberté vais-je donner à mon regard sur la liberté ?

Texte mis en forme par Martine Michard à Cajarc, le 12 novembre 2012

Pour en savoir plus :
Maison des Arts Georges Pompidou
Guillaume Pinard
David Evrard

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EDITO

ORGANISER UN COUP DE DÉS

, and lies listen to,, at the she said as a form of, while he said ? . a , .

 Pour l’édition d’été du magazine uncoupdedés.net, je me suis laissée inspirer par le jeu de dés de Mallarmé afin de m’éloigner d’un texte d’introduction habituel. En allant dans le sens du contenu publié et de l’esprit hétérogène que j’ai rencontré dans le magazine, je me suis limitée à utiliser l’existant (titres et contenus) pour produire une intervention minimale : , and lies listen to,, at the, she said, as a for of, while he said ? . a , . L’économie de mots déploie une dimension visuelle et musicale de l’assemblage, met en lumière l’effort collectif, satisfait à des stratégies magiques, incite à la mémorisation ou, incarne peut-être tout simplement l’acte de base programmé par cette invitation : ORGANISER UN COUP DE DÉS.

Manuela Moscoso

summer_issue

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Architecture fantôme, 2011, Berdaguer & Péjus

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Poinçon, Nicolas Floc’h, exposition à la verrerie de la Rochère, 2012. Production : centre d’art Le Pavé Dans La Mare. Mécénat : verrerie de La Rochère

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Keith Sonnier, Saule pleureur de la série : Blatt, 1999 FNAC 03-044. Dépôt du Cnap - EAC, Donation Albers-Honegger © Yves Chenot pour Adagp

The Innocents © Dora Garcia

Power No Power, by Claudio Zulian, Aulnay-sous-Bois, France, 2013

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La couleur ne brûle pas Elisa Pône & Stéphane Thidet film Super 8 / 2'20 / 2012 co-produit par le Centre d'Art Bastille, Grenoble. Photographie: Stéphane Thidet

vue de l'exposition The Die is Cast, Ryan Gander, 26/06 - 18/10/2009 - J. Brasille/Villa Arson

David Evrard, Spirit of Ecstasy, BLACKJACK éditions et KOMPLOT, 2012

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Alain Bernardini, 'L’origine. Recadrée. Porte-Image, Guillaume, Chantier Giraud BTP, Borderouge Nord, Toulouse 2013', production BBB centre d’art /  commande publique photographique – CNAP

'Bonjour tristesse, désir, ennui, appétit, plaisir' Vue de l’exposition à La Galerie, Centre d’art contemporain de Noisy-le-Sec, Photo © Cédrick Eymenier, 2013

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A PROPOS

Fort de son succès et de sa visibilité, uncoupdedés.net réactive et soumet le contenu existant à de nouvelles voix. En 2014 et 2015, plusieurs personnalités étrangères sont invitées, le temps d’une saison, à devenir nos éditorialistes. Il s’agira pour eux de mettre en perspective l’ensemble des contenus du magazine, et de les redéployer au prisme de leur subjectivité et de leurs propres contextes de travail.

Quatre personnalités reformuleront l’action des centres d’art dont ils auront pu percevoir divers aspects à travers le magazine : Catalina Lozano (Colombie), Zasha Colah (Inde), Moe Satt (Myanmar) et Manuela Moscoso (Brésil) : chaque rédacteur en chef « après coup » livrera ainsi un texte transversal, revisitant de façon originale la géographie résolument mouvante des centres d’art.

uncoupdedés.net réitère le défi à la manière du poème de Mallarmé, relancé par la science du montage cinématographique de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet (Toute révolution est un coup de dés, 1977). Les invités, provenant d’horizons multiples, élargiront encore davantage le cercle de la parole. Chorale et fragmentaire, uncoupdedés.net tient autant du puzzle que du memory et en appelle naturellement à tous les redécoupages possibles…

MANUELA MOSCOSO

(Sao Paulo, Brésil)

Commissaire d’exposition basée au Brésil, Manuela Moscoso a notamment été commissaire de la 12ème Biennale de Cuenca, Equateur, de l’exposition Yael Davis au Museo de Arte (Rio de Janeiro, Brésil), Fisicisimos, à l’Université Torcuato di Tella, The Queens Biennale au Queens Museum à New York et Before Everything au CA2M (Madrid). Elle forme, avec Sarah Demeuse, Rivet, une agence curatoriale qui explore les notions de déploiement, circulation, pratique, et résonance. Leur recherche a pris corps à travers plusieurs projets en Espagne, en Norvège, au Liban et aux Etats-Unis. Manuela Moscoso est diplômée du Centre des études curatoriales du Bard College.